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« Le
temps, ce dragon qu'il faut non point tant
vaincre qu'apprivoiser. Tous les malheurs
viennent de ce que l'on croit qu'il existe.
»
« Après
avoir, sur un siècle assez court, tué Dieu,
cassé les grands idéaux de réforme des sociétés,
piétiné les restes des grandes productions
culturelles de l'humanité, achevé d'assassiner
les idées qui semblaient mener le monde, que
reste-t-il donc à faire ? À regarder la télé. Ce
n'est pas la fin des idéologies : ce n'en est
que le commencement.
»
« On
dirait, à le voir ainsi aller, que l'homme a été
programmé pour se détruire lui-même ; tout ce
qu'il a réussi (certains beaux moments de ses
civilisations, certaines réalisations dans la
matière, voir certaines acquisitions morales) a
fini par disparaître ; et c'est lui aussi qui a
ainsi brisé ce qu'il avait construit, comme un
enfant, ses jouets. Que reste-t-il ? Des
tombeaux vides, des temples en ruine, des
cathédrales à peu près désertées et qui bientôt
le seront tout à fait – sans compter ce que nous
ne voyons plus ni n'avons jamais vu. Comment ne
pas croire qu'un tel pantin ne finira pas par
s'anéantir aussi ? Mais peut-être est-ce bien,
est-ce mieux ainsi.
» |