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Nous ne connaissons de Merlin que ce que la légende a bien voulu laisser survivre au temps qui passe. Mais derrière les pouvoirs étonnants du magicien, les longues prophéties du visionnaire et les conseils du sage qui donne la Table Ronde aux chevaliers du Graal et transmet le pouvoir absolu à Arthur, se trouve une figure historique fascinante.

Résultat de cinq ans de recherche et d'un travail de démythisation énorme, ce roman raconte sans nul doute la plus vraisemblable histoire de Merlin.

Cette version en format de poche comprend un index des personnages, deux cartes géographiques, un calendrier chronologique et des carnets d'écriture.

Guy D'Amours est né au Québec en 1970. Il est titulaire d'un doctorat en littérature française de l'université Laval. Il se consacre depuis dix ans à l'étude du mythe de Merlin sous toutes ses formes et à l'historicité de la légende arthurienne. Les mémoires de Merlin est son premier roman.

 

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Bibliographie de Guy D'Amours
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Citations tirées du roman

Extraits du roman :

   « Je naquis durant l’hiver de la vingtième année du règne de Valentinien III et la trente-septième de celui de Theodosius II, alors que ma mère venait de quitter l’adolescence et que mon grand-père était déjà un vieillard. Je fus accueilli dans ce monde par les deux hommes que j’ai toujours considérés comme mes pères : Demetius, qui me légua la force brute du guerrier, et Blaiz, par qui j’acquis la connaissance. Je ne connus jamais Demetius, mais jusqu’à ce que je devinsse plus grand qu’il n’avait été, l’ombre de sa gloire me couvrit contre l’astre torride de la jalousie, durant ces années où mêmes les plus grands des hommes ne sont encore que des êtres fragiles ballottés entre la survie et le trépas. Cet homme qui n’avait toujours vécu que pour la Britannia mourut pour elle. Quatre mois après ma naissance, alors que la froidure s’évanouissait lentement sous les rayons du Grand Astre, Demetius livra avec ses hommes une violente bataille contre les Pictes en Maxima Caesariensis, près de Deva. Sa dernière victoire lui coûta la vie.

   En mourant, il me libéra d’un fardeau que tout homme porte désespérément, bien que je ne fusse pas alors en mesure de le comprendre. Un Picte enragé supprima l’être qui sans le vouloir m’eût probablement étouffé par sa toute-puissance. Ce n’est pas sans raison que je n’ai jamais voulu qu’Artus soit élevé par son géniteur ou même son parent éloigné ; à trop aimer, on finit par contraindre et je ne voulais surtout pas qu’Artus soit protégé contre les risques de sa destinée. » (p. 25-26)

   « Les plus grands combats sont comme les plus beaux orages de la Britannia : leur violence n’a d’égale que la rapidité avec laquelle ils s’arrêtent. Bientôt, Cair Vurtigern ne fut plus qu’une ruine fumante que des hommes du futur chercheront peut-être en vain. Les guerriers se tenaient devant Uter et moi. Leur chef me regarda et me demanda ce qu’il fallait désormais faire. Je lui dis que nous allions nous reposer avant de rendre aux Britons ce qui leur appartenait : notre patrie. » (p. 64-65)

   « Je m’attendais à voir un enfant que l’adolescence aurait à peine commencé à transformer en homme, une fleur entrouverte dont on devine vaguement les coloris des pétales encore refermés ; je me retrouvai en face d’un colosse au regard pénétrant. Ouranos et Gaïa semblaient m’avoir confié leur progéniture : Artus était un Titan. » (p. 139)

   « Camlann. Forteresse sombre où la Britannia est morte. Terre maudite de trahison qui hantera mes souvenirs jusqu’à la fin. J’y suis retourné il y a quelques semaines : l’air embaumait encore la mort. Mon monde s’est écroulé sur ce champ de bataille avec la chute d’Artus et de Modred. Mon corps me garde impitoyablement dans ce souvenir d’apocalypsis où j’ai vécu la fin du monde. Mon âme ne trouvera la paix que lorsque je reposerai avec ce fils tant aimé que fut Artus. » (p. 182)

 

   
   
  

 

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