Les bâtards de Camelot

L’héritage littéraire que nous a légué la figure de Merlin depuis le milieu du VIe siècle a propulsé le personnage, dans l’esprit occidental, au rang de figures mythologiques telles que Tristan, Faust, Don Juan et Don Quichotte. Son rôle primordial dans la légende arthurienne explique en partie ce succès populaire. Mais il y a plus : la figure du prodigieux enchanteur est de tout temps fascinante et les mythes et contes de fées ne seraient ce qu’ils sont sans ces puissances, bonnes ou mauvaises, qui influencent à leur guise la destinée des hommes.

Au fil des siècles, le personnage de Merlin s’est cristallisé en un emblème d’autorité qui n’est pas sans rappeler le père symbolique de la psychanalyse. Cette fascination qu’exerce cette figure sur les esprits contemporains porte à croire qu’elle possède un contenu à forte charge subconsciente qui prend naissance dans nos désirs secrets.

Guy D'Amours
Essai
Préface de Jean Marcel
Sujet : Littérature, légende arthurienne, psychocritique, figure paternelle.
Octobre 2011
ISBN 978-2-922930-35-1
Description : 140 pages - bibliographie
140 pages  |  19,95 $
Éditeur : Les éditions De Courberon

   
   
 
 

Nous ne connaissons de Merlin que ce que la légende a bien voulu laisser survivre au temps qui passe. Mais derrière les pouvoirs étonnants du magicien, les longues prophéties du visionnaire et les conseils du sage qui donne la Table Ronde aux chevaliers du Graal et transmet le pouvoir absolu à Arthur, se trouve une figure historique fascinante.

Résultat de cinq ans de recherche et d'un travail de démythisation énorme, ce roman raconte sans nul doute la plus vraisemblable histoire de Merlin.

Guy D'Amours
Roman historique
Sujet : littérature, légende arthurienne, histoire de l'Angleterre
décembre 2007, pour la version format de poche (novembre 2001)
ISBN : 978-2-922930-08-5
Description : 312 pages - index - cartes géographiques - calendrier.
Éditeur : Les éditions De Courberon

 

 

Extraits :

"Je naquis durant l’hiver de la vingtième année du règne de Valentinien III et la trente-septième de celui de Theodosius II, alors que ma mère venait de quitter l’adolescence et que mon grand-père était déjà un vieillard. Je fus accueilli dans ce monde par les deux hommes que j’ai toujours considérés comme mes pères : Demetius, qui me légua la force brute du guerrier, et Blaiz, par qui j’acquis la connaissance. Je ne connus jamais Demetius, mais jusqu’à ce que je devinsse plus grand qu’il n’avait été, l’ombre de sa gloire me couvrit contre l’astre torride de la jalousie, durant ces années où mêmes les plus grands des hommes ne sont encore que des êtres fragiles ballottés entre la survie et le trépas. Cet homme qui n’avait toujours vécu que pour la Britannia mourut pour elle. Quatre mois après ma naissance, alors que la froidure s’évanouissait lentement sous les rayons du Grand Astre, Demetius livra avec ses hommes une violente bataille contre les Pictes en Maxima Caesariensis, près de Deva. Sa dernière victoire lui coûta la vie.

En mourant, il me libéra d’un fardeau que tout homme porte désespérément, bien que je ne fusse pas alors en mesure de le comprendre. Un Picte enragé supprima l’être qui sans le vouloir m’eût probablement étouffé par sa toute-puissance. Ce n’est pas sans raison que je n’ai jamais voulu qu’Artus soit élevé par son géniteur ou même son parent éloigné ; à trop aimer, on finit par contraindre et je ne voulais surtout pas qu’Artus soit protégé contre les risques de sa destinée." (p. 25-26)

"Les plus grands combats sont comme les plus beaux orages de la Britannia : leur violence n’a d’égale que la rapidité avec laquelle ils s’arrêtent. Bientôt, Cair Vurtigern ne fut plus qu’une ruine fumante que des hommes du futur chercheront peut-être en vain. Les guerriers se tenaient devant Uter et moi. Leur chef me regarda et me demanda ce qu’il fallait désormais faire. Je lui dis que nous allions nous reposer avant de rendre aux Britons ce qui leur appartenait : notre patrie." (p. 64-65)

"Je m’attendais à voir un enfant que l’adolescence aurait à peine commencé à transformer en homme, une fleur entrouverte dont on devine vaguement les coloris des pétales encore refermés ; je me retrouvai en face d’un colosse au regard pénétrant. Ouranos et Gaïa semblaient m’avoir confié leur progéniture : Artus était un Titan." (p. 139)

"Camlann. Forteresse sombre où la Britannia est morte. Terre maudite de trahison qui hantera mes souvenirs jusqu’à la fin. J’y suis retourné il y a quelques semaines : l’air embaumait encore la mort. Mon monde s’est écroulé sur ce champ de bataille avec la chute d’Artus et de Modred. Mon corps me garde impitoyablement dans ce souvenir d’apocalypsis où j’ai vécu la fin du monde. Mon âme ne trouvera la paix que lorsque je reposerai avec ce fils tant aimé que fut Artus." (p. 182)

 

 

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