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Survol du
Moyen Âge 1. Le contemporain devant
l’Histoire
1.1 Développement de l’histoire
- Développement de la technologie.
- Conscientisation de la durée et du temps.
- L’histoire s’appuie sur les sciences donc devient
scientifique.
1.2 Limites de l’histoire
- Incertitude des sens.
- Incertitude des sciences.
- Problématique de la subjectivité (Histoire des gagnants,
choix d’un point de vue).
1.3 Résultats de l’évolution de l’histoire
- Prise de conscience de la différence entre le monde
médiéval et le monde contemporain.
- La distanciation mène souvent à l’incapacité de sentir
le Moyen Âge.
- Une sorte de toile floue, des êtres lointains, sans
réelle personnalité.
1.4 Le Moyen Âge « humain »
- Les mêmes passions (amour, amitié, sexe, pouvoir,
richesse, etc.)
- Les mêmes peurs (mort, morale, souffrance, inconnu).
- Les mêmes rêves (liberté, postérité, immortalité).
- La même impression d’achèvement (ethnocentrisme,
géocentrisme, égocentrisme).
2. Le Moyen Âge historique et littéraire
- Début du Moyen Âge : chute de l’Empire romain (476).
- Fin du Moyen Âge : prise de Constantinople (1453) ou
découverte de l’Amérique (1492).
- Le Haut Moyen Âge (Ve
au Xe siècle).
- Le Bas Moyen Âge (XIe au XVe
siècle).
- « Renaissance médiévale » (XIIe et XIIIe
siècles).
- « Les Âges sombres » (XIVe et XVe
siècles).
- Le Moyen Âge littéraire commence avec le « serment de
Strasbourg » (14 février 842).
3. Politique et économie médiévales
3.1 Maîtres et dirigeants
Les Mérovingiens
- 481 à 751
-
Vient du légendaire Mérovée.
-
Clovis, fondateur de la dynastie,
se convertit au christianisme après son mariage avec
Clotilde (Vase de Soissons).
-
Sa mort entraîne le partage des terres et du pouvoir.
Les Carolingiens
- Tirent leur nom de Charlemagne
- En 747, Pépin le Bref demande au pape de le sacré
empereur : premier lien entre État et Église (régent par la
Grâce de Dieu).
- Charlemagne devient le seul maître en 771.
- Renaissance carolingienne.
- Après la mort de Charlemagne (814) de nombreux problèmes
de succession.
- Strasbourg, serments de
1. Premiers textes en langue romane : pour être compris par
les soldats.
2. 14 février 842.
3. Les trois fils de Louis le Pieux : par ce serment,
Charles le Chauve et Louis le Germanique s’oppose à Lothaire
1er.
4. Partage de Verdun (août 843) : le royaume est divisé en
trois :
- Lothaire Ier reçoit la partie centrale de l’Empire,
comprenant l’Italie, les Pays-Bas, l’Alsace, la Lorraine
et la Bourgogne.
- Louis II, dit le Germanique, obtient le contrôle du
Royaume franc oriental, qui devient la Germanie (future
Allemagne).
- À Charles le Chauve échoit le Royaume franc
occidental, c’est-à-dire le royaume de France, dont les
frontières n’évoluent plus jusqu’au XIVe siècle.
- Le déclin
- À la mort de Lothaire, en 855, son royaume fut à son
tour partagé entre ses trois fils. Après la mort de
Lothaire, celle de Louis V le Fainéant, qui n'avait régné
qu'un an, permit à Hugues Capet d'accéder au trône, malgré
l'opposition de Charles de Lorraine, frère de Lothaire,
qui mourut emprisonné.
Les Capétiens
- Hugues Capet, fondateur de la dynastie
- Les Capétiens renforcèrent considérablement le pouvoir
royal en France en instaurant progressivement les principes
d'hérédité, de primogéniture.
- L'agrandissement du domaine royal se fit
progressivement, grâce à une judicieuse politique d'annexion
et de mariage.
- Les Capets, sans héritiers légaux, feront élire Philippe
VI, un Valois, à l'origine de la branche des Valois, qui
s'éteignit en 1589, avec Henri III.
L’empire byzantin
- En 1453, sans que l’Occident intervienne, Mehmet II met
le siège devant Constantinople, défendue par Constantin XI.
Le 29 mai au matin, la capitale de l’Empire byzantin est
prise et devient celle de l’Empire ottoman.
L’empire d’Angleterre
- Mille ans avant J-C., les Celtes s’installent en
Britannia.
- En 55-54 av. JC, César envahit la Britannia.
- Les légions quittent la Britannia en 407.
- Après de nombreux combats avec les Bretons, les
anglo-saxons prennent le contrôle.
- Les Normands prennent le contrôle (1066-1154).
- Les Plantagenêts prennent le contrôle en 1154 jusqu’en
1485.
- La guerre des Deux-Roses (1455-1485) : conflit anglais
pour les possessions anglaises en France.
3.2 La féodalité
Genèse
- Née de la dissolution de la monarchie carolingienne.
- Les rois carolingiens donnent du pouvoir aux ducs et aux
marquis.
- Chaque petit chef se donne le pouvoir absolu.
Le système féodal
-
Seigneur, vassal, fief, château fort, serf, homme libre,
chevalier
Apogée féodale
- L’Église est touchée par le système : querelles des
investitures.
- L’essor de la féodalité n’est possible aux XIe et XIIe
siècles qu’avec la croissance agricole, génératrice des
surplus qui font la fortune des seigneurs.
Fin de la féodalité
- Affaiblissement du pouvoir féodal (Nobles partis en
croisade).
3.3 La chevalerie
Origines de la chevalerie
- Utilisation de cheval pour la guerre par les nobles.
- Au 12e siècle, le terme chevalier devient honorifique.
La formation d’un chevalier
- Commence vers 7 ans.
- L’écuyer apprend le combat, la chasse, le maniement des
armes.
- À partir du 13e siècle, le cérémonial est fasteux :
l’Église demande à l’écuyer de dédier son armure sur un
autel, de veiller sur elle toute une nuit en priant et en
jeûnant, et de prendre un bain rituel avant de la revêtir.
Il doit alors se présenter pour la cérémonie de
l’adoubement, où il sera investi du droit de porter les
armes par un grand prince ou un ecclésiastique, après quoi
se déroulent un tournoi et un festin.
Valeurs chevaleresques
- Un titre très puissant
- Pour le pauvre et le nécessiteux.
- Pour les croisades.
- Des ordres célèbres : les Templiers et les Hospitaliers.
- Les tournois : montrer sa force : se transforment en
joutes truquées avec l’Église.
- Valeurs et vertus mystiques et courtoises.
- À la fin du Moyen Âge, le titre est devenu héréditaire.
Fin de la chevalerie
- Le prix de l’équipement.
- de moins en moins de postulants.
- Deviennent des mercenaires et non plus des chevaliers
nobles.
- Au XVIe siècle, lorsque Cervantès se moque du chevalier
errant dans son roman Don Quichotte (1605, 1615), la
chevalerie est déjà sur le déclin
- La chevalerie connaît un bref regain d’intérêt au XIXe
siècle, avec le mouvement romantique, exalté par sir Walter
Scott et Alexandre Dumas père.
3.4 Le commerce
Déclin du commerce romain
- Commerce romain détruit. Opposition de l’Église : « nul
marchand ne peut être agréable à Dieu ».
Renouveau commercial de l’an Mil
-
blé, vin et laine demeure les produits vedettes. Échange
entre Angleterre et la France. Produits venant de fort loin.
La monnaie
- la pièce : argent, or, cuivre. Au XIIIe siècle reprend
la frappe de l’or. C’est le métal qui a une valeur…
Les foires
- lieu de rencontre des commerçants. À partir de 1160, la
célèbre foire de Champagne devient un lieu du commerce.
L’église est plus tolérante (taxes) ; naissance du
purgatoire.
Importance du commerce italien
- Lettres de change, assurance, conversion des monnaies.
TOSCANE ET LOMBARDIE contrôle l’économie occidentale.
4. Vie religieuse
4.1 Institution de l’Église
Les débuts de l’Église
-
Les chrétiens sont persécutés.
Selon
Tertullien,
un des pères de l'Église, le «sang des martyrs» devient la
«semence de l'Église».
L’Église et l’État
- Reconnaissance officielle : CONVERSION de CONSTANTIN :
313, Édit de Milan
- 330 : Constantin transporte le siège de l’Empire de Rome
à Byzance
- L’Église passe sous le contrôle de l’État.
- Conflits de pouvoirs entre les papes et les empereurs et
les rois. Querelle des investitures : qui peut nommer les
évêques et les abbés.
- La théologie se développe en s’appuyant sur la pensée de
St-Augustin : Pierre Abélard, Saint-Thomas d’Aquin, Saint
Bonaventure.
- À la mort de saint Thomas d'Aquin, les dissensions
commencèrent à se manifester au sein de l'Église d'Occident.
Le Grand Schisme débuta avec l’élection d’un pape italien,
Urbain VI, en 1378. Cette question ne fut résolue qu'en
1417, avec l'élection d'un pape unique.
4.2 Autorité et Morale
- Une société tripartite
- Un pouvoir absolu ?
- Une société occidentale sans Église ?
4.3 Terreurs religieuses
- Combattre les hérésies.
- L’inquisition : punir les hérétiques.
Origines
1. Les incroyants sont suspects.
2. Au 12e siècle, les Albigeois (Cathares) sont pourchassés.
3. Commence vraiment en 1231, avec la constitution
Excommunicamus du pape Grégoire IX. Par cette action, le pape
enleva aux évêques la charge de veiller à l'orthodoxie des
fidèles, plaça les inquisiteurs sous la juridiction spécifique
de la papauté et institua des punitions sévères.
4. Des franciscains et surtout les dominicains, en raison de
leur érudition en théologie et de leur réputation de manque
d'ambition.
5. Comme ils pouvaient excommunier même des princes, les
inquisiteurs étaient des personnages très puissants. Malgré
ces conditions, ils avaient la réputation d'être justes et
cléments.
6. Se rendre ou se faire dénoncer.
7. Utilisation de la torture : En 1252, le pape Innocent IV
approuva officiellement l'utilisation de la torture pour
obtenir les aveux des suspects.
8. Alors que l'Inquisition à ses débuts avait pour cible les
albigeois et dans une moindre mesure les vaudois, elle étendit
ensuite ses activités à d'autres groupes hétérodoxes comme les
fraticelles, puis les sorcières et les devins. Mais après la
défaite des albigeois en 1244, l'action de l'Inquisition
ralentit fortement ses activités et elle resta dans l'ombre à
la fin du XIVe siècle et au XVe siècle. Cependant, vers la fin
du Moyen Âge, des princes séculiers utilisèrent des moyens de
répression semblables à ceux de l'Inquisition.
- Guerre de religions : les Croisades
Origine des croisades
1. La conquête de la Syrie et de la Palestine par les
Seldjoukides musulmans, maîtres de Jérusalem en 1078
2. l’ambition des papes qui cherchent à étendre leur pouvoir
spirituel et temporel.
Première croisade : 27 novembre 1095 : Urbain II : Jérusalem
est libérée le 15 juillet 1099
Deuxième croisade : 1145 : Eugène III : un échec
Saladin et la troisième croisade : Jérusalem tombe le 2
octobre 1187 aux mains de Saladin : Grégoire VIII ouvre la
croisade le 29 octobre 1187. Conclusion sur une trêve de 3
ans.
Quatrième croisade (1202-1204) est marquée par des conflits
stratégiques entre le pape et les croisés.
Cinquième croisade :échec
Sixième croisade : traité de dix ans.
Septième croisade : une nouvelle trêve est signé en 1254.
Huitième croisade (1270) : S’achève lorsque Saint Louis meurt.
Résultats des croisades
1. Échecs militaires.
2. Fait naître la haine contre les chrétiens et stimule
l’esprit guerrier qui se solde par la chute de Constantinople
(1453).
3. Grand élan de foi et prise de conscience de l’unité du
monde chrétien.
4. Développement d’un système de taxation qui dure jusqu’à
aujourd’hui.
5. Développement du commerce.
6. Renforce le pouvoir monarchique en envoyant la noblesse à
la guerre.
7. Influence du style artistique byzantin sur l’Europe.
8. Développe la littérature chevaleresque et l’écriture en
langue vulgaire.
Le roman
médiéval
1. Du latin au français. (voir plus haut cours 2 -
5.2.1)
1.1 Le latin se fige.
1.2 Apparition du « latin vulgaire » ou « bas latin ».
- La langue française est issue d’une forme dite «latin
vulgaire ou bas-latin» qui est une altération du latin
classique. Dans le latin classique, dès le Ier siècle av.
J.-C., il existait un décalage entre la langue écrite et
celle parlée par le peuple.
1.3 Langue d’oc et langue d’oïl.
La langue française met plusieurs siècles pour se former.
Les langues celtiques, gauloises, romaines et germaniques
donnent finalement des dialectes répartis en deux groupes :
• - la langue d'oc au sud de la Loire (limousin, auvergnat,
provençal);
• - la langue d'oïl au nord (wallon, picard, champenois,
bourguignon...)
oc et oïl sont les manières de dire oui.
1.4 Le « roman ».
- Pendant toute la période comprise entre la conquête
romaine et le règne des Carolingiens, la langue parlée sur
le territoire gaulois était une forme altérée du latin.
1.5 L’ancien français.
- L’ancien français avait conservé des traces du système
des déclinaisons latines, progressivement ruiné par
l’évolution phonétique.
1.6 Le moyen français.
- La période dite du moyen français, qui correspond aux
XIVe et XVe siècles, vit l’expansion du français central, au
détriment des autres dialectes de la langue d’oïl, le picard
et le normand.
1.7 Du français classique au français moderne.
2. Genres littéraires liés au roman.
2.1 La Chanson de Geste
- Apparaît au XIe siècle avec La Chanson de Roland (1098,
ms Oxford).
- Geste vient du latin « Gesta » : hauts faits.
- Rédigée en « laisses », des strophes non rimées.
- On y raconte l’histoire mais en la modifiant en fonction
du présent.
- Les sujets sont principalement Charlemagne ou Louis le
Pieux.
2.2 Chronique et histoire
- Pendant des siècles l’histoire est en latin.
- Sous l’influence des Chansons de Geste, l’histoire se
vulgarise.
- Apparition de longs poèmes historiques.
- Après les croisades, l’histoire se fait en prose.
- Pas de soucis d’objectivité.
2.3 La poésie lyrique
2.3.1 Définition
- Lyrisme : vient de « lyre ». Il s’agit donc d’une poésie
accompagnée de musique.
- La poésie lyrique traite principalement de l’amour
courtois ou fin’amor.
- Elle pose la problématique du désir.
- Elle expose les concepts de « joi » et d’« asag ».
2.3.2 Origines
- Dès le début du XIe siècle, les poètes arabes d’Espagne
célèbrent un amour idéalisé, l’amour « odhrite » : les
thèmes se ressemblent : belles capricieuses, amants qui
souffrent jusqu’à la mort, confidences, messages secrets,
etc.
- Guillaume de Poitiers et le prédicateur Robert d’Arbrissel.
2.3.3 Les poètes
- Troubadours et trobaïritz : inventeurs de la poésie
lyrique (langue d’oc) et du métier de poète.
- Les trouvères : inventeurs de la poésie récitée (langue
d’oïl) : le « dit ».
- Poètes hors de France : Espagne, Italie, Allemagne (minnesängers).
2.3.4 Quelques formes lyriques
- Le canso : le grand chant courtois marque l’apparition
de la rime (vers le XIIe).
- La chanson de toile.
- La chanson d’aube.
- La reverdie.
- La pastourelle et la malmariée.
- La fatrasie.
2.4 Le lai
- D’origine celtique, il est au départ conçu pour être
chanté.
- Récit en vers, alliant les styles lyrique et narratif.
- Les Lais de Marie de France.
3. Le roman médiéval.
3.1 Caractéristiques générales
- Apparition vers le milieu du XIIe siècle.
- On appelle d’abord « roman » toute traduction dans la
langue des illiterati, « cil qui n’entendent la letre ».
- Œuvre de fiction libre tirant son autorité de
l’ordonnancement de son contenu.
- Destiné à un public de cour, le roman est plus doux,
plus noble, plus sentimental.
3.2 Le roman antique
- Abandon de l’époque carolingienne pour l’Antiquité
latine (matière de Rome).
- Adaptation au goût du jour de légendes antiques.
- Thèmes : batailles, exploits, épisodes merveilleux,
histoires d’amour.
- Roman d’Alexandre (v. 1150), Roman d’Énéas (1160), Roman
de Troie (1165).
3.3 Le roman arthurien
3.3.1 La matière de Bretagne.
- Inspiration puisée dans les événements qui ont marqué la
Britannia aux Ve et VIe siècles.
- Le récit gravite toujours, de près ou de loin, autour de
la cour du roi Arthur.
- L’histoire est truffée d’anecdotes relatives aux Celtes
et leur mythologie.
3.3.2 La courtoisie.
- Représente l’idéal amoureux.
- Apparaît comme un but de l’auteur.
- Règle les relations entre les personnages nobles
(acceptation morale).
- Marque la classe (acceptation sociale).
- Est génératrice d’événements.
3.3.3 Le Merveilleux.
- Événements inexplicables.
- Objets magiques sacrés ou maléfiques.
- Magie et pouvoirs mystérieux.
- Créatures surnaturelles.
- Lieux enchantés.
- Malédictions et bénédictions.
3.3.4 L’idéal chevaleresque.
- Renforce les valeurs de la chevalerie.
- Le récit se déroule toujours dans un contexte
chevaleresque.
- Les événements permettent au chevalier de gagner
l’estime de son roi ou de sa belle (quête).
- On y retrouve nombre de renseignements concernant les
usages quotidiens pour qui est chevalier.
- Dissimule souvent un idéal mystique.
3.3.5 Les spécificités de la narration
- Le narrateur se permet d’intervenir.
- Usage brillant de l’entrelacement.
- Fertilité de l’invention.
- Analyse des sentiments.
- Peinture de la vie quotidienne et des mœurs du temps.
Origine et développement de la légende arthurienne
1. La matière mythique.
1.1 Les problèmes de l’oralité.
- La richesse de l’imaginaire celtique.
- Les druides et l’oralité.
- Les druides et la colonisation romaine.
- Les druides et la christianisation.
1.2 Les témoignages classiques.
- Les historiens grecs : Hérodote, Polybe, Strabon,
Diodore de Sicile, Ptolémée.
- Les adversaires de César.
- Les chroniqueurs romains : Tite-Live, Tacite, Dion
Cassius.
1.3 Le Mabinogion
- Entre le XIe et le XIIIe siècle.
- On y lit les aventures de héros et d'héroïnes
mythologiques (Pwyll, Branwen, Manawyddan).
- La féerie et l'enchantement magique ne cessent d'y jouer
un grand rôle.
- Le personnage d'Arthur apparaît.
- Il compte quatre branches.
- La quatrième branche concerne la lignée de Dôn.
- Le fils Gilvaethwy n'est autre que le Girflet (Jaufré)
des textes arthuriens.
- Les quatre objets des « Thuatha dé Danann » : l'épée de
Nuada, la lance de Lug, le chaudron de Dagda, la Pierre de
Fâl.
2. La matière « historique ».
2.1 Gildas le sage.
- Historien breton du VIe siècle (v. 490-560).
- De excidio et Conquestu Britanniae.
- Première mention du « superbus tyrannus ».
- Première mention de « Aurelius Ambrosius ».
- Première mention de la bataille du « mons Badonicus »
(v. 518).
2.2 Bède le vénérable.
- Moine du VIIIe siècle.
- « The father of English history ».
- Historia Ecclesiastica Gentis Anglorum (731).
- Première mention d’Artus.
- Première mention de Vurtigern.
2.3 Nennius l’anonyme.
- Historia Britonum (entre le VIIIe et le XIe).
- Le mont Badon est associé à Artus.
- Les douze batailles d’Artus.
- Ajout du merveilleux : la pierre Cain Cabal, le tombeau
Licat Anir.
2.4 Les Annales Cambriae
- Après 950.
- Mention de la croix portée par Artus sur le Mont Badon.
- Mention de la guerre entre Artus et Medraut.
- Mention de la fin du royaume à Camlaan (v. 539).
3. La matière littéraire.
3.1 Le Gododdin
- Poème épique gallois.
- L’auteur serait sans doute le barde Aneirin.
- D’après les archaïsmes qu’il contient, il daterait du
VIe siècle.
- Consiste en une série de lamentations sur la bataille de
Catraeth.
3.2 Geoffroy de Monmouth
- Vécu de 1100 à 1150 environ.
- Evêque gallois d’origine armoricaine.
- Veut glorifier le passé breton.
- Dit s’appuyer sur des sources bretonnes.
- Mentionne un « livre ancien en langue bretonne » qui ne
nous est pas parvenu.
- Son œuvre servira à fonder la légende arthurienne.
3.3 Prophetiae Merlini
- Un coup de marketing.
- Geoffroy utilise des prophéties galloises.
- Une grande part d’imagination.
- Attribue les prophéties à un prophète nommé Merlinus.
- On y parle des guerres importantes, du roi Arthur, du
royaume d’Arthur et des futures conquêtes du royaume.
- Traduit en roman par Richard d’Irlande : Les Prophécies
de Merlin (1270).
3.4 Historia Regum Britanniae
- Relate les événements importants qui ont marqué la
Bretagne.
- Des géants (Albine et les démons) à la fin du Royaume.
- Naissance de « l’espoir breton ».
- Contient l’ensemble de ce qui inspirera la légende
arthurienne.
3.5 Vita Merlini
- Ce n’est pas une Vita classique.
- Une tentative de réconciliation entre histoire et
fiction.
- Une tentative poétique.
- Une amalgame complexe de vaticinations obscures.
- On y retrouve une figure primitive de Merlin.
3.6 Les traducteurs
- Adapté en « roman » par l’anglo-normand Wace (1100-1174)
: Roman de Brut (1155).
- Apparition de la Table Ronde.
- Adapté en anglais par Layamon.
- Repris dans un grand nombre de chroniques.
Fondateurs et continuateurs du roman arthurien
1. Chrétien de Troyes
1.1 Vie de Chrétien de Troyes
- Il vécut entre 1130-1190.
- Commence à écrire vers 1160-1165.
- En relation avec la cour de Champagne, puis celle de
Flandre.
- Il possède la culture d’un clerc.
- Il voyagea sans doute beaucoup.
1.2 Caractéristiques de l’oeuvre
- La « matière ».
- La « conjointure ».
- Le « sen ».
- Puissance du style.
- Donne naissance au « roman arthurien ».
1.3 Les oeuvres
1.3.1 Érec et Énide (v. 1170)
- Un triptyque étonnant : a) Honneur et mariage b) La « recreantise »
d’Érec c) La reconquête de l’honneur.
- On y apprend le nom de Chrétien « de Troyes ».
- Valorise exceptionnellement une vie maritale
« normale ».
- Peu d’analyse des sentiments.
1.3.2 Cligès ou la fausse morte (v. 1176)
- Deux parties : a) naissance de Cligès, fils d’Alexandre
et de Soredamors b) amour, philtres et accomplissement
- L’œuvre la plus concertée, cérébrale et théorique.
- Éloignement de la Matière de Bretagne (Constantinople –
Angleterre - Grèce).
- L’« Anti-Tristan » vs l’« Hyper-Tristan ».
- Analyse de l’amour.
1.3.3 Lancelot, le chevalier de la charrette (v.
1177-1181)
- A) l’enlèvement de Guenièvre b) la quête de Lancelot c)
Adultère d) Défaite de Méléagant
- Premier sujet imposé (Marie de Champagne).
- Apparition de l’amour courtois au sens pur.
- Chrétien défend l’indéfendable adultère.
- Il dresse le portrait de l’amant courtois parfait (?).
1.3.4 Yvain, le chevalier au lion (v. 1177-1181)
- A) la défaite passée b) amour de Laudine c) la promesse
non tenue d) la quête et le lion e) le dénouement heureux
- La matière arthurienne redevient centrale.
- Tragi-comédie de l’aventure et de l’amour.
- Entrelacement externe par la « disparition » de Gauvain.
- Peinture fabuleuse du Moyen Âge.
1.3.5 Perceval, le Conte du Graal (v. 1182-1190)
- Dédié à Philippe d’Alsace, comte de Flandre.
- Aspect initiatique et mythique.
- Apparition du Graal.
2. Robert de Boron
- Une trilogie en vers (entre 1200 – 1212).
- Le Joseph ou Estoire dou Graal (avant
1202)
- Le Merlin incomplet
- Le Perceval ?
- Une trilogie en prose (Cycle du pseudo Robert de Boron :
entre 1230 – 1240).
- Estoire dou Graal
- Merlin
- Didot-Perceval
3. La « Vulgate »
- « Cycle long », « Cycle-vulgate », « Lancelot-Graal » ou
Lancelot en prose
- Comprend cinq branches principales :
- L’estoire del Saint Graal
- L’estoire de Merlin
- Li Livre de Lancelot del Lac dit Lancelot
propre
- Queste del Saint Graal
- Mort le roi Artu
4. Autres continuations
4.1 Les authentiques
- Le Parzival de Wolfram von Eschenbach (v.
1200-1210).
- Le Lanzelet de Ulrich von Zatzikhoven (v. 1193).
- Le Morte Darthur de Thomas Malory (v. 1470).
4.2 Les anonymes
- Kulwch et Olwen, Owein (version galloise
d’Yvain).
- Peredur (version galloise de Perceval).
- Gereint fils d’Erbin (version galloise d’Érec
et Énide).
- Le Perlesvaus (premier tiers du XIIIe).
- Sir Gawain and the Green Knight (fin XIVe).
4.3 La branche des Tristan
- Béroul nous lègue la plus ancienne version de Tristan
et Iseut (v. 1160).
- Thomas d’Angleterre rend le texte plus subtil et
psychologique (v. 1170).
- Une version allemande paraît vers 1205-1210 sous la
plume de Gottfried von Strassburg : Tristan und Isolde.
- Une version de Chrétien de Troyes ?
Le Graal
1. Qu’est-ce qu’un « graal » ?
1.1 Le sens médiéval
- C’est un nom commun pas commun.
- Utilisé dix ans avant Chrétien dans le Roman
d’Alexandre.
- Il s’agit d’un plat creux, de grande taille.
- On y sert de la nourriture dans les repas d’importance.
- Le plat lui-même semble être de grande valeur et réservé
à une certaine classe « riche ».
1.2 Étymologie
- On le fait dériver d’un hypothétique cratalis,
qui viendrait du grec kratêr = verre à boire.
- Ou de cratella, en latin médiéval = vase.
- C’est un mot d’origine méridionale.
- Le mot se retrouve sous diverses formes dans quelques
régions : grazal, grial, gardale, grô, greil, grale, grallon,
gral…
2. Un mythe en deux temps
2.1 Le cortège du Graal
- Rappel du thème primitif.
- Deux contes bretons.
- Les objets du cortège : symbolise la société tripartite.
2.2 La quête du Graal
- Rappel du thème primitif.
- Le deux sens du mot quête : querere devient
questinum qui devient queste.
- Un sens à sa vie.
- Le principe de l’élu.
3. Trois visions du Graal
3.1 La vision chrétienne
- Les trois graals chrétiens.
- Les miracles du Graal.
- Christianisation du mythe : du défilé ésotérique du
Perceval au mysticisme chrétien du Lancelot-Graal.
- Une liturgie du Graal.
- Disparition du symbolisme de la société tripartite.
3.2 La vision celtique
- La métamorphose d’un vieux récit de 4000 ans.
- Symbolise les trois fonctions sociales.
- Quatre objets de quête :
- La pierre de Fail qui crie quand un roi prend
la souveraineté d'Irlande.
- L'épée de Nuadu qui blesse à mort.
- La lance de Lug, qui rend invincible.
- Le chaudron de Dagda, le grand dieu druide
symbole d'abondance.
3.3 La vision de Wolfram
- Utilise la version de Chrétien mais aussi un texte d’un
certain Kyot der Provenzal.
- Wolfram ignore Joseph d’Arimathie.
- Il délaisse le monde arthurien pour un univers oriental.
- Entoure le Graal d’une dynastie protégée par des
chevaliers d’élite : les Templeise (les Templiers) qui
demeurent dans le château de Montsalvage et qui gardent le
Graal.
- Le Graal est ici une pierre magique que seuls les êtres
purs peuvent soulever.
- Parzifal part vers le monde du Graal, un univers
parallèle hors de l’espace terrestre.
4. Interprétations mythiques
4.1 Mythe politico social
- Mythe de fécondité, de prospérité et de pouvoir.
- C’est l’objet qui est recherché.
- Quête de la vie éternelle.
- Quête de la puissance guerrière.
- Quête de l’abondance.
4.1 Mythe spirituel
- C’est le contenu indicible de l’objet qui est recherché.
- La réunification des opposés (Yin – Yang, Animus –
Anima, Conscient – Inconscient).
- L’indicible Graal vs l’indicible Tao ou l’indicible
Brahman.
- Transcende la religion pour toucher à la spiritualité.
Objets et lieux enchantés
1. La Table Ronde
- Elle apparaît pour la première fois chez Wace.
- Tradition celtique versus tradition chrétienne.
- Sa raison d’être est d’éviter toute querelle de
préséance.
- Point de départ et d’arrivée de la quête.
- Apparition du Siège « Périlleux » ou « Redouté ».
- Fondateurs : Joseph d’Arimathie, Arthur, puis Merlin.
2. La Sainte Lance
- La lance de Longin.
- La lance du défilé du Graal.
- La lance du dieu Lug.
- Possède le pouvoir de guerre.
- Elle fut réellement recherchée par les archéologues.
3. Excalibur
- L’épée magique d’Arthur.
- Ne pas confondre l’épée dans la pierre et Excalibur.
- Le mot est une déformation de Caledfoulch qui
signifierait « dure foudre » .
- Le fourreau également est magique.
- Retournée d’où elle était venue.
4. Le Gaste Pays
- « Gaste » veut dire stérile.
- La terre gaste est toujours frappée par une malédiction.
- La terre est liée à son maître.
5. Avalon
- Vient de « aballos », pommes :l’île des pommes.
- On l’associe à l’Autre Monde, paradis dans la religion
druidique.
- Lieu où Arthur est enterré en attendant son retour.
- Au 12e siècle, on associera Avalon à Glastonbury.
6. Glastonbury
- Une importante abbaye d’Angleterre.
- Le « Cimetière de Glace » ou « l’île de Verre » ?
- En 1190, on y découvre les présumés tombeaux d’Arthur et
Guenièvre.
- « Ici gît Arthur, le célèbre roi, en l'Ile d'Avalon ».
- D’abord un centre druidique d’importance… Puis un centre
chrétien…
Principaux personnages
1. Uter Pendragon
- Père d’Arthur par la magie de Merlin.
- Revient du continent pour venger son cousin Constant,
tué par Vurtigern.
- Uter = outre, utérus ?
- Pendragon = penn dragon = armoirie de dragon.
- Historiquement, il y a sans doute deux frères : Moine ?
Uter ? Pendragon ?
2. Arthur
- Fils d’Uterpendragon et d’Ygraine, il fut le plus grand
chef de guerre briton du VIe siècle.
- Il épousera Guenièvre, malgré l’opposition de Merlin.
- Mort vraisemblablement à la bataille de Camlaan (537).
3. Guenièvre
- Dans la légende arthurienne, elle est fille du roi
Léaudagan, épouse d’Arthur et maîtresse de Lancelot.
- Son nom gallois, GWENHWYFAR, signifie probablement «
esprit blanc ».
- Souvent comparée à Hélène de Troie.
- Historiquement, elle fut sans doute une grande guerrière
picte.
4. Merlin
- Magicien, conseiller des rois, druide et prophète.
- Né de l’union d’un incube et d’une vierge : surnommé
l’enfant sans père.
- Les femmes furent sa grande faiblesse.
- Enfermé dans son « esplumoir » ou dans un tombeau avec
Viviane ou Nimüe.
- Instaurateur d’une grande part du Merveilleux arthurien.
5. Viviane
- La Dame du Lac.
- Mère adoptive de Lancelot.
- Sans doute celle qui confia Excalibur à Arthur ou
Merlin.
- Elle est le pendant féminin de Merlin.
6. Morgane
- Fille D’Ygraine et du Duc de Tintagel.
- Demi-sœur d’Arthur.
- Dans certaines versions, elle mystifie Arthur pour avoir
un enfant avec lui Mordred.
- Dans certaines version, elle possède de grands pouvoirs
magiques et les oppose à Merlin.
7. Mordred
- Ou Mordret, Medraud, Medraut, Modred, Modret.
- Fils légitime du roi Lot ou illégitime par Morgane (très
près de Morcadès, femme du roi Lot).
- C’est le Judas du monde arthurien.
- Meurt à Camlaan en combattant son roi (et père) qu’il a
trahit (pour Guenièvre ?).
8. Le Roi Pêcheur
- Ou roi Méhaigné ou Pellès.
- Cousin ou oncle de Perceval.
- Sa blessure « entre les jambes » ou à la cuisse rend son
royaume « gaste ».
- Parfois gardien du Graal, parfois fils du gardien du
Graal.
- Un des personnages les plus mystiques de la légende
arthurienne.
9. Gauvain
- Fils aîné du roi Lot d’Orcanie.
- Le plus mâle des chevaliers, mais aussi le plus discret.
- Historiquement, c’était sans doute le préféré des
cavaliers d’Arthur, Galwercht.
10. Perceval
- C’est le héros naïf de la légende arthurienne.
- Un héros valorisant la sang noble : même ignorant de ses
origines,
- Perceval un chevalier accompli.
- Il a une origine historique.
11. Lancelot
- Fils de Ban de Benoïc et père de Galaad.
- Le « beau trouvé » est élevé par la Dame du Lac.
- À l’origine, il devait être le héros parfait du Graal.
- Son amour adultère pour Guenièvre sera la source de
maintes péripéties arthuriennes et de son échec pour obtenir
le Graal.
- Il a une origine historique.
12 Galaad
- Fils de Lancelot et de la fille du roi Pellès.
- Il est la figure du chevalier chrétien parfait.
- La Quête du Graal s’achève avec la conquête de « Bon
Chevalier ».
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