Les Éditions De Courberon.

   

   

 


   
   

 


  Miniatures
  Carnets d'un inquisiteur
Auteur : Gilles Leclerc
Genre : Carnets intimes, essai
Sujet : Art, politique, société
Parution : septembre 2008
ISBN : 978-2-922930-10-8
Pages : 144 pages
Description : 11,5 x 20 cm
Prix : 19,05 $ CA
   

PRÉFACE D'ANDRÉ MAJOR
 

 

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Miniatures est un livre de feu. Dans ce qu’il appelait au quotidien ses « carnets noirs », Gilles Leclerc se livre tout entier : on y découvre la pensée en mouvement d’un écrivain. De la réflexion sur le corps à celle sur l’âme, en passant par la critique sociale virulente et l’introspection fiévreuse, il expose son intelligence curieuse, son âme angoissée et sa lucidité incisive, voire caustique. Ces textes rédigés entre 1954 et 1956, en plus de livrer un portrait sévère mais riche d’une époque tourmentée du Québec, présentent une réflexion intéressante sur l’écriture, l’art, la religion au Québec et de nombreux autres sujets qui sont toujours d’actualité.

Préfacé par André Major, Miniatures – titre que l’auteur avait suggéré lui-même pour ses carnets – est le premier d’une série de trois livres qui embrassera les dix-sept carnets qu’a légués l’auteur qui écrivait avant tout non pas « pour être beau, faire beau, mais pour être compris ».

Le retour de l’inquisiteur

Gilles Leclerc est l’auteur du Journal d’un inquisiteur, essai politique enflammé paru pour la première fois aux éditions de l’Aube en 1960, réédité chez du Jour en 1974 et chez Lux en 2002. À sa mort en septembre 1999, l’écrivain lègue une production inédite monumentale : romans, nouvelles, essais, poèmes, pièces de théâtre. Ses écrits sont dispersés dans de nombreuses boites, parmi lesquelles se distingue un petit classeur en carton vert contenant dix-sept cahiers lignés numérotés de 2 à 18 (le cahier 1 demeure introuvable à ce jour) : ses « carnets noirs ». À l’image de l’homme, écartelé entre sensibilité et colère, ses textes trouvent leur fondement dans le questionnement continuel d’un esprit curieux.
 


En prenant la plume, Gilles Leclerc souhaitait avant tout être compris, mais son œuvre fait également montre d’un désir de mieux comprendre ce monde où les poètes sont, comme il l’écrit lui-même, « livrés sans défense à la haine des autres hommes ». Ses mots, ils les offraient à des hommes libres, et il se peut que ceux-là seuls soient en mesure d’en comprendre toute la profondeur et d’en sentir le tourment.


REVUE


Des fragments inédits de l'auteur du Journal d'un inquisiteur.

Bien installé au milieu d'une théorie d'enragés littéraires québécois, de crieurs publics et d'impatients déboulonneurs de mythes, Gilles Leclerc (1928-1999) occupe une toute petite place dans l'histoire de notre littérature. Le Journal d'un inquisiteur, paru pour la première fois aux Éditions de l'Aube en 1960 -- à compte d'auteur --, demeure aujourd'hui encore un texte baveux, péremptoire, exultant, frénétique, défaitiste et tristement visionnaire.
 

Jean Marcel, qui signait la préface de sa deuxième vie aux Éditions du Jour en 1974, n'hésitait pas à voir dans le Journal d'un inquisiteur le «non le plus global qui ait jamais été proféré à la face non seulement du Québec comme pays, mais de ses assises historiques et spirituelles».

Des années plus tard, toujours peu lu, le Journal a été réédité chez Lux en 2002 avec une présentation de Gilles Labelle qui y soulignait, peut-être à tort, les affinités liant Leclerc à Guy Debord et au mouvement situationniste. Un rapprochement que l'auteur de La Société du spectacle devait lui-même rejeter dans une lettre d'août 1960 à Patrick Straram, qui venait de faire paraître le premier numéro – et aussi le dernier – de son Cahier pour un paysage à inventer auquel Leclerc (en plus de Gaston Miron, Paul-Marie Lapointe et Gille Hénault) avait collaboré. « Gilles Leclerc, écrit Debord, est dans une confusion qui ne s'ouvre que sur Dieu et son "odeur d'oeuf pourri". Son vocabulaire s'en ressent aussi. Les vérités parcellaires qui s'y mêlent en sont altérées. »

Un peu plus loin, Debord sent le besoin d'en rajouter et enjoint à Straram de suggérer à Leclerc de « lire les oeuvres philosophiques de la jeunesse de Marx pour apprendre "le respect de l'intelligence", parce qu'il est très mauvais d'en rester à l'âge mental de 14 ans, surtout quand on a eu 14 ans en admirant Carrel, Koestler et Malraux... »

Premier d'une série de trois tomes de pensées, de notes et d'aphorismes tirés des carnets intimes de Leclerc que les Éditions De Courberon souhaitent faire paraître, Miniatures. Carnets d'un inquisiteur lève le voile sur les préoccupations morales (surtout), artistiques et intellectuelles de Leclerc au cours de l'année 1956. Si on y fait la connaissance d'un idéaliste exigeant à la recherche d'une illusoire pureté de l'âme – et d'un Dieu certainement aussi incertain –, on s'aperçoit vite que la révolte de Leclerc se colore très tôt d'une part d'amertume et d'un pessimisme radical que ses difficultés à publier, par la suite, viendront sans doute alimenter.

« À force de songer à ce que je ne serai jamais, écrivait-il, je m'empêche de produire. » Plus loin: « Je laisse croître en moi les tensions intellectuelles et morales qui, elles, me dicteront l'heure de l'accouchement artistique. J'attends l'avènement de mon dieu caché. J'ai confiance: c'est ma Foi, à moi ! » Mais à force d'attendre et d'être mal reçu, on faiblit, la flamme vacille

Beau cas de représentant d'une génération qui s'est heurtée de front aux puissances les plus monolithiques de la société canadienne-française, Leclerc n'avait peut-être pas, quant à lui, les moyens de ses ambitions prométhéennes. Mais sa révolte nourrie d'humanisme déçu saura sans doute toujours trouver un écho. « Un amour en flagrant délit de coma, et une habilité à la haine insomniaque, voilà ce qu'on se retrouve dans les mains après avoir fait l'autopsie de l'Homme, à toute heure de la vie, en tous points géographiques du globe », écrivait en août 1956, à l'âge de 27 ans, ce parfait contemporain d'Hubert Aquin, qui caressait, de l'autre main, un projet de roman « bernanosien ».

Triste prophète du déclin de la «civilisation» québécoise, Mozart assassiné de la Révolution tranquille, Gilles Leclerc, qui n'a plus rien publié après 1960 – rien d'inédit en tout cas –, a poursuivi une longue et fructueuse carrière de terminologue à l'Office québécois de la langue française. Il a semble-t-il laissé toute une caisse d'inédits et de textes inachevés, dont une intrigante Mystique de la merde, des poèmes, des drames, des romans.

Essais québécois – Copeaux de Gilles Leclerc
Christian Desmeules, Collaborateur du Devoir
LE DEVOIR, Édition du samedi 20 et du dimanche 21 décembre 2008

 



   Également disponible en librairie.


 

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