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« Si calme et parfois triste. » ― Christian Bobin
   

L'ATTENTE

Guy D'Amours

Juin 2008

ISBN 978-2-922930-05-4

126 pages  |  19,95 $

Collection Murmures

 

   

L’Attente est un récit « calme et parfois triste » sur le temps qui passe, sur le feu de vivre qui ne laisse souvent que des cendres, sur les guirlandes que l’on dispose dans sa vie pour décorer le vide, sur les chaines que l’on met partout et qui finissent invariablement par se briser. Sur un enfant et un homme aussi, qui sont à la mauvaise place au bon moment, qui font tout ce qu’il faut faire sans savoir le faire et, surtout, qui attendent. Qui attendent quoi ? Que quelque chose arrive, mais sans savoir quelle est cette chose. Une histoire sans noms, sans visages, que des ombres et une lumière diffuse pour les faire apparaître. Une lecture qui porte en silence, qui touche à l’humain dans ce qu’il a de plus fort et, paradoxalement, de plus fragile.


Guy D’Amours a commencé à écrire à l’adolescence parce que la simplicité de l’enfance s’est mise à lui manquer, comme à certains autres, qui se soignent différemment : par le travail, l’ambition ou l’occupation continuelle. Puis, la tentative de guérison est devenue rage de vérité, ce qui est au fond la même chose : vouloir l’authenticité et se guérir du mensonge, du faux, du laid, de l’absence à soi-même et aux autres. Chaque jour, depuis, le ramène à cette lutte entre l’avoir et l’être, entre le paraître et la vie intérieure, entre ce qu’il faut faire et ce que l’on désire, entre le gris sur fond gris et l’arc-en-ciel, entre le complet-cravate et la goutte de rosée. Chaque instant en ce monde lui prouve que la folie n’est pas toujours là où on croit l’entendre crier.
 


REVUE DE PRESSE

Le monde peut s'ébrouer bruyamment, des poètes en traduiront toujours la beauté, ils dépeindront une petite fleur poussant entre les pavés d'une ruelle. Ainsi en est-il du récit inclassable de Guy D'Amours, titré L'Attente. L'exaspération d'un être humain inapte à se mouvoir dans un univers frelaté. [...]

Chaque page lue et tournée nous a mis en tête la phrase de Théodore Monod : « On a tout essayé sauf l'amour. » Car, c'est bien d'amour qu'il s'agit dans ce texte réflectif écrit de manière sporadique et spiralée que ne désavoueraient pas Christian Bobin, ni Philippe Delerm. Si Guy D'Amours prête à son personnage des pensées douces-amères, il évite les clichés imputables au sentiment noble qu'est l'amour. Conquête du Graal dont nous ne venons jamais à bout tant nous en cernons mal la démesure. Dans toute relation amoureuse, n'attendons-nous pas l'exception alors que nous nous élevons peu au-dessus de l'ordinaire. D'où l'attente inconsciente et rassurante que manigance le rêve.

À lire un jour de pluie, un jour de brouillard à la Meaulnes. – DOMINIQUE BLONDEAU, MA PAGE LITTÉRAIRE, 13 AVRIL 2009

La vie ne serait-elle qu'une longue attente ? Une attente qui résulte d'une absence. Une absence qui creuse un grand vide. Un grand vide qui porte un nom : solitude. Une solitude accablante et à laquelle aucun de nous ne peut échapper, car elle est le propre de la condition humaine : « Tout le temps il est entre la maison et l'école, entre la solitude et les autres, entre sa vie et son attente. » Dans ce petit livre doux-amer, à travers des textes patiemment ciselés, Guy D'Amours témoigne à quel point l'attente est tristesse. Ni un roman ni un essai, ce texte est un poème. Un poème en prose qui évoque un homme dans un café, une femme enceinte, un enfant pas comme les autres, un facteur qui ne passe pas, etc. – DIDIER FESSOU, LE SOLEIL, 1er JUIN 2008

Les Éditions De Courberon publie L'Attente, un petit recueil de pensées sur la vacuité de la triste attente, de celle de la femme enceinte sans désir d'enfant, de l'homme qui prie sur son banc d'église, de l'ado devant le vide, de l'homme abandonné par son amoureuse, de l'enfant qui ne sera jamais bordé par sa mère. L'attente en solitaire, l'attente partagée, complice, l'attente sous l'apparence de satisfaction. Chez l'auteur, on attend comme on cherche à échapper au cycle du tracé d'avance, au fardeau d'un quotidien qui se répète inlassablement. « L'attente n'est au fond qu'une trop grande imbibition de réel » nous dit celui-ci. Pour être heureux, il faudrait donc mentir. « N'est-ce pas être divinement aveugle que de voir du sens là où il n'y en a aucun [...] pour ne pas perdre son mensonge, pour éviter de sombrer dans l'attente que quelque chose arrive. » – JADE BÉRUBÉ, LA PRESSE, 20 JUILLET 2008

Si calme et parfois triste. – CHRISTIAN BOBIN, AUTEUR

Ce n'est plus un roman, c'est un poème. – JEAN MARCEL, AUTEUR

Magnifique et bouleversant. – MAXIME MONGEON, AUTEUR

Les Attentes du Petit Prince. La routine du quotidien tue. Alexandre Jardin explique dans Fanfan comment s’y prendre pour échapper au cercle vicieux de la répétition d’un temps coulant comme un long fleuve tranquille exempt de la crue des eaux du printemps. La monotonie génère l’angoisse du héros. Contrairement à celui de Fanfan, il ne force pas le destin. Il a choisi l’attente de l’événement salvateur qui comblera le manque. Une attente porteuse de l’espérance qui le soude malgré tout à la vie. Vaine serait sa mort, croit-il en considérant les enfants qui cherchent eux aussi les liens les unifiant avec bonheur à leur destin. En attendant sa pâque, il parcourt la ville, où les scènes auxquelles il assiste creusent son spleen. Même ses rapports à autrui sont entachés de carences. Enfant, il attend une mère qui oublie de le border. Plus vieux, il attend le retour du vélo qu’il s’est fait voler et le sourire de la belle qu’il désire. Sa vie se déroule sous le signe de l’acte manquant à l’instar de la quête vaine du Graal. Le héros fatigué des conventions sociales espère tout de même une épiphanie porteuse de rapports humains satisfaisants. Le roman échappe à l’art du genre en conférant un accent poétique, qui transforme la thématique de l’attente en donnée universelle de l’existence. L’écriture, en moins convaincante, s’apparente à celle de L’Art de la fugue de Guillaume Corbeil ou du Jardin de Peter Pan de Pierre Gobeil, mais le propos geignard reflète plutôt les préoccupations de Christian Bobin ou de Saint-Exupéry dans Le Petit Prince. – PAUL-ANDRÉ PROULX, LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE.
 

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