« Avec ce quatrième volume de fractions
s’entame un nouveau jeu. » Ainsi débute Fractions 4, et il va de
soi que les grands gagnants de ce jeu seront les lecteurs.
L’essayiste Jean Marcel poursuit ici ses libres considérations,
du trait bref et pertinent au texte réflexif et approfondi. Le
lecteur se voit ainsi transporté par une pensée en mouvement
dans le monde des arts, de la littérature, de la musique, de la
politique, de l’histoire, bref, de la culture : celle de
l’auteur, qui est phénoménale. De Miron à Nabokov, de Bouddha à
Jésus-Christ, de la littérature siamoise au ginkgo, en passant
par la passion de l’encens et la réécriture du Ramakien,
rien ne semble échapper à cet esprit curieux qui, de toute
évidence, s’intéresse plus que tout à l’être humain et à son
indescriptible cheminement dans l’humanité.
Jean Marcel est médiéviste, essayiste et
romancier. Après une prolifique carrière universitaire au Québec
comme enseignant et chercheur, il a fait de la Thaïlande son
pays d’adoption, où il continue aujourd’hui sa réflexion et son
œuvre. À la fois riche et captivant, son style parvient à
esquisser sans imposer, à faire sourire sans simplifier, à
questionner sans embrouiller et à toucher sans jamais forcer le
mot ou la phrase. Bref, sa plume est de celles qui font les
grands écrivains. C’est sans doute pourquoi ses écrits ont
souvent été salués par la critique : Fractions 2 lui a
valu le prix Victor-Barbeau (2000), son roman Hypathie ou la
fin des des dieux, le prix Molson de l’Académie des lettres
du Québec (1989), et Le joual de Troie, le prix
France-Québec (1973).
REVUE DE PRESSE
Après avoir enseigné la littérature à l'Université Laval pendant
longtemps, publié quelques romans (dont Hypatie ou la fin des
dieux) et des essais remarqués (Jacques Ferron malgré
lui, Le Joual de Troie),
Jean Marcel vit depuis plusieurs années en Thaïlande, devenue en
quelque sorte sa terre d'adoption. Depuis ce pays « où les rois
furent poètes », nous parvient un quatrième volume de carnets,
Fractions 4, réunissant cette fois pensées et
observations consignées depuis 1996.
Poursuivant loin d'ici un patient travail de décentrement de
soi,
« la
plus troublante expérience de ma vie »,
écrit-il, il est sans doute normal que le bouddhisme et l'art
thaï s'infiltrent de plus en plus dans les réflexions de
l'essayiste, qui semble plus serein que dans les volumes
précédents.
Observateur privilégié du grand écart Orient-Occident, Jean
Marcel assène, sans en avoir l'air, quelques coups de coude bien
placés aux
« cultures
crépusculaires »
dont il est lui-même le produit :
« Le
propre d'une identité forte et vivante est précisément de ne
savoir se définir, de n'avoir aucune raison de devoir le faire ».
Et quant au Siam, terre de soleil et de sourires, sa déclaration
d'amour est éloquente :
« Je
ne peux pas dire que je le connais, je le sens, comme si j'y
avais vécu des temps très longs dans des vies très denses ». –
Littérature québécoise – La pensée en miette de Jean
Marcel
Christian Desmeules, Collaborateur du Devoir. LE DEVOIR, édition du samedi 20 novembre et du dimanche 21
novembre 2010.