À sa mort en septembre 1999, l’écrivain
Gilles Leclerc lègue une production inédite monumentale :
romans, nouvelles, essais, poèmes, pièces de théâtre. Ses écrits
sont dispersés dans de nombreuses boites, parmi lesquelles se
distingue un petit classeur vert contenant dix-sept cahiers
lignés numérotés de 2 à 18 (le cahier 1 demeure introuvable à ce
jour) : ses « carnets noirs ». Dans ce second tome de Miniatures
se retrouvent les cahiers 7 à 13 de ce journal rédigé entre le
14 juillet 1956 et le 17 avril 1963. L’auteur y poursuit sa
réflexion avec une sincérité crue, une lucidité tranchante et un
indéniable talent d’écrivain. En abordant une variété de sujets,
des dangers d’une mondialisation balbutiante à la dénonciation
de la « guerre commerciale », des tourments de l’artiste inconnu
au réquisitoire contre l’art qui n’est que divertissement, ce «
Mozart assassiné de la Révolution tranquille »1 se pose une fois
de plus en prophète, du meilleur, mais plus souvent du pire.
Le retour de l’inquisiteur
Gilles Leclerc est l’auteur du
Journal d’un inquisiteur, essai politique enflammé paru pour la
première fois aux éditions de l’Aube en 1960, réédité chez du
Jour en 1974 et chez Lux en 2002. À sa mort en septembre 1999,
l’écrivain lègue une production inédite monumentale : romans,
nouvelles, essais, poèmes, pièces de théâtre. Ses écrits sont
dispersés dans de nombreuses boites, parmi lesquelles se
distingue un petit classeur en carton vert contenant dix-sept
cahiers lignés numérotés de 2 à 18 (le cahier 1 demeure
introuvable à ce jour) : ses « carnets noirs ». À l’image de
l’homme, écartelé entre sensibilité et colère, ses textes
trouvent leur fondement dans le questionnement continuel d’un
esprit curieux.
1.
Christian
Desmeules, « Copeaux de Gilles Leclerc », dans Le Devoir,
édition du samedi 20 et du dimanche 21 décembre 2008.
En prenant la plume, Gilles Leclerc
souhaitait avant tout être compris, mais son œuvre fait
également montre d’un désir de mieux comprendre ce monde où les
poètes sont, comme il l’écrit lui-même, « livrés sans défense à
la haine des autres hommes ». Ses mots, ils les offraient à des
hommes libres, et il se peut que ceux-là seuls soient en mesure
d’en comprendre toute la profondeur et d’en sentir le tourment.
REVUE DE PRESSE
Gilles
Leclerc, inquisiteur — Dans le deuxième d'une série de trois
tomes de pensées, de notes et d'aphorismes tirés de ses carnets
intimes — tenus cette fois en 1956 et 1957 —, Gilles Leclerc,
l'auteur du Journal d'un inquisiteur, décédé en 1999, y
poursuit à petites touches son réquisitoire presque général.
Son énergie de révolté péremptoire « né en pays maudit » paraît
inépuisable pour dénoncer tout ce qui l'irrite. Sa misanthropie,
sa haine de soi (« J'écris pour moi — et contre moi »), ses
couplets bilieux déclinés sur l'air du « Québec me tue », sa
détestation quasi obsessive de la politique, des politiciens, et
même de la démocratie, semblent ici sans limites et se mêlent à
sa « honte » de devoir gagner sa vie comme rédacteur sportif à
Radio-Canada. Des pages lourdes et tendues où la lucidité
s'oppose au malheur personnel.
Christian Desmeules, Collaborateur du Devoir
LE DEVOIR, édition du samedi 12 décembre et du dimanche
13 décembre 2009
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