UNE DANSE ENTRE LE NOIR ET LE BLANC
Un an après la parution de son roman intimiste intitulé
L’Attente
(De Courberon, 2008), Guy D’Amours présente un recueil de courts
textes et de photographies artistiques en noir et blanc. Avec ce
livre d’art, il poursuit sa réflexion en abordant, avec sa
singulière touche poétique, les thèmes présents dans ses autres
livres : la quête de sens, la vie montre en main, le temps qui
passe, l’attente, l’impermanence. Encore une fois, l’auteur
danse lucidement entre obscurité et lumière et entre satire et
lyrisme, sans jamais s’éloigner de son but premier qui est de
toucher ceux qui le lisent. En effet, quand une vieille morte
plaisante sur l’inévitable fin ou qu’une vigie aperçoit des
récifs sans pouvoir donner l’alerte, on ne sait plus trop si
l’on doit sourire ou pleurer.
Plutôt que de chercher du côté d’une
narration qui serait horizontale en permettant de ranger les
œuvres de Guy D’Amours sur une ligne et de voir un dégradé sans
ruptures, il vaut mieux les poser les unes sur les autres, à la
verticale, en commençant par la plus ancienne,
Les mémoires de
Merlin. De cette
façon, ce qu’on appelle « le fil » peut se voir aisément : plus
l’œuvre avance dans le temps, plus les décors s’estompent, plus
les idées et les images prennent de la place au détriment d’une
narration romanesque. Cela forme une pyramide, mais qui se
cristallise vers le haut. Avec Tout sauf gris, il nous
ramène à cette lutte universelle entre avoir et être, entre
paraître et vie intérieure, entre ce qu’il faut faire et ce que
l’on désire, entre le gris sur fond gris et l’arc-en-ciel, entre
le complet-cravate et la goutte de rosée.
REVUE DE PRESSE
Il semblerait qu'encore une fois, Guy D'Amours, éditeur
passionné, singulier prosateur, franc-tireur amusé, ait décidé
de tout miser sur l'authenticité. Son premier roman, Les
mémoires de Merlin, avait été le fruit de cinq ans de
recherches, de 500 pages de notes. Trois livres plus
tard, il choisit pour Tout sauf gris un chouette format
carnet-photos, des noires et des blanches accompagnées de traits
de rêveries, d'observations vagabondes. Certaines recèlent de
l'universel : la fugacité du temps, le chagrin, l'isolement, le
questionnement, mais aussi l'enfance et l'émerveillement.
D'autres photographies, et c'est drôle à dire, ont quelque chose
de profondément québécois. Il est plaisant, en tout cas, de lire
des mots comme : « Je rêve d'une panne d'électricité qui
durerait cent ans. » – VINCENT THIBAULT, LE
LIBRAIRE, AVRIL-MAI 2010.
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